1962 - Après l'Algérie, les Landes


Après avoir débarqué à Marseille, plusieurs centaines de familles pieds-noirs sont arrivées à Mont-de-Marsan, où elles se sont fait enregistrer au bureau d'accueil de la préfecture. PHOTO AFP

"En un mot, il faut se montrer humain, généreux, solidaire ", résume le journaliste " Sud Ouest " en ce début de mois d'août. Depuis quelques semaines, les Français d'Algérie, contraints au départ, arrivent par milliers dans le sud de la France. " Marseille, nouvelle capitale des pieds-noirs " fait le gros titre du quotidien. " Si, à la fin de l'année 1962, il reste encore 300 000 Français en Algérie, cela tiendra quelque peu du miracle. "

Le 7 août, " Sud Ouest " fait le bilan : 60 544 Français d'Algérie ont débarqué à Marseille au cours du mois de juillet par la voie maritime. 4 838 Algériens et 1196 étrangers ont également été enregistrés. Ils ont tous poussé un soupir de soulagement en débarquant à Marseille et affirmé que la vie vaut mieux que toutes les maisons et tous les meubles. Mais en août 1962, on s'interroge, non sans inquiétude. Que se passera-t-il " lorsque les soucis quotidiens l'emporteront sur la joie première, l'ombre sur le soleil, l'égoïsme sur la charité " ?

Si " le problème de l'accueil des rapatriés " n'a pas l'ampleur constatée dans certaines villes de la région méditerranéenne, il n'en existe pas moins à Mont-de-Marsan. " L'administration a dû régler, il y a trois semaines, l'arrivée de deux convois provenant directement d'Algérie et comprenant près de 200 personnes. "

Rapidement, une certaine organisation s'avère nécessaire. " Plusieurs centaines de repliés ont pu trouver, ces temps derniers, une aide morale et immédiate ", explique le quotidien le 8 août 1962. Dès leur arrivée dans les Landes, les rapatriés s'inscrivent au bureau d'accueil à la préfecture, créé depuis le mois de juin. Quarante-huit heures après la constitution du dossier, ils perçoivent les différentes prestations auxquelles légalement ils ont droit.

" Stocks amenuisés "
" Ce bureau s'efforce de leur trouver, dans les délais les plus rapides, logement et emploi. " L'équipe est constituée de " dames, secouristes et chauffeurs " qui viennent chercher les concernés à leur train. À leur arrivée, une salle est mise à leur disposition, " avec une armoire à pansements, un réchaud et un réfrigérateur ". Inquiets, les journalistes de " Sud Ouest " en appellent à la solidarité montoise. " Les stocks sont très amenuisés. Inquiétude de l'avenir, car le rythme des arrivées se maintient élevé. Il faut aider le centre d'accueil. "

Et le quotidien compte bien faire passer le message aux Landais que les Français d'Algérie constituent une population en détresse. " Que faut-il faire ? Fermer la porte ? Laisser les nouveaux venus, ne serait-ce que vingt-quatre heures, errer sur le pavé, sans gîtes et sans ressources ? Non. Il faut aider le centre d'accueil. En un mot, il faut se montrer humain, généreux, solidaire. "
Virginie Ramel

http://www.sudouest.fr/2011/08/09/1962-apres-l-algerie-les-landes-470767-3452.php
Transmis par J.L.Granier

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Mis en ligne le 17 octobre 2011

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