Le courrier de la colère

Au début de l'année 1957 Michel Debré accompagne la décomposition de la IVème République en publiant un pamphlet dont le titre est devenu célèbre : Ces princes qui nous gouvernent. En novembre il crée Le Courrier de la colère, journal dans lequel il écrit des articles vigoureux (en faveur de l'Algérie française entre autres, ndlr). Les titres qu'il choisit sont sans concession : " Jusqu'à la guillotine… " (novembre 1957), " Mourrons-nous du gâchis ? " (décembre), " Crise de régime " (janvier 1958), " Trucs et trucages " (février), " La nation attend un Etat " (mars), " La France abandonnée par ses dirigeants " (avril). Le 24 avril son titre devient encore plus précis : " S.O.S. de Gaulle ! ".
Trois semaines plus tard, le 15 mai, Charles de Gaulle annonce qu'il est prêt à assumer les pouvoirs de la République ; le 27 mai le processus est entamé ; le 30 mai tout est terminé. En trois jours le Général obtient les pleins pouvoirs pour six mois, les pouvoirs exceptionnels en Algérie et le pouvoir constituant délégué. En juin, Le Courrier de la colère, mission accomplie, cesse de paraître.

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank_mm/pdf/Conseil/debre.pdf

Penché sur le gouffre où La patrie a roulé, je suis son fils, qui l'appelle, lui tient la lumière, lui montre la voie du salut. Beaucoup, déjà, m'ont rejoint. D'autres viendront, j'en suis sûr ! Maintenant, j'entends la France me répondre. Au fond de l'abîme, elle se relève, elle marche, elle gravit la pente. Ah ! mère, tels que nous sommes, nous voici pour vous servir. {Ch. de Gaulle.)
La République une et indivisible… le vieux cri jacobin grâce auquel. dans les années terribles et décisives de la grande Révolution, la patrie française, œuvre lente de la monarchie, a été préservée, renforcée, rajeunie, retentit aujourd'hui de toutes les poitrines.
Il jaillit comme une condamnation des folles politiques qui ont gaspillé l'héritage ancien et les chances nouvelles Il jaillit comme une condamnation d'un état impuissant inapte à assurer l'avenir de la liberté et l'honneur des citoyens. Il jaillit comme une condamnation des hommes, des quelques hommes qui, contre toute bonne foi, s'entêtent depuis des, mois à maintenir un régime inconsistant, source principale de nos malheurs.
Mais Il jaillit aussi, ce cri, comme un espoir. Qui peut douter désormais dans le monde de la volonté de l'Algérie de demeurer française ? Qui peut douter désormais de la foi patriotique non seulement de l'armée du peuple, mais également du peuple qui se retrouve dans son armée ? La France est en train de faire une révolution, qui est la révolution de l'honneur outragé contre le mensonge et la honte, la révolution de la nation jeune qui veut grandir contre un système qui l'étouffe jusqu'à la mort.
Que sautent sans plus attendre les derniers vestiges, les dernières racines de la fausse démocratie, de la fausse République. C'est une vraie démocratie, c'est-à-dire une vraie liberté ; c'est une vraie République, c'est-à-dire une vraie nation qui doivent sortir de la crise que traverse la France et que de malsains personnages, pour de malsains objectifs, souhaiteraient prolonger jusqu'à la guerre civile et l'intervention étrangère.
Nous attendons le Général de Gaulle. Il est le seul capable de rétablir, dans l'ordre, l'unité de la, France et de refaire dans la liberté, l'union de la Nation.
" LE COURRIER DE LA COLERE - 30 mai 1958

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Mis en ligne le 06 dec 2010
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